Voyages et archéologie ferroviaires
Récits de voyages ferroviaires en Roumanie en 1994-95 et autres vestiges...

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17-18 juin 1994 - Voyage et premières impressions roumaines

 

Voyage et premières impressions roumaines

 

Réveil très matinal ce 17 juin 1994. Je prends le train à Vevey. Après changement à Lausanne et Zurich j’arrive à Vienne en fin d’après-midi. Ci-après une vue en gare de Salzburg.



Le temps de jeter un œil aux trams viennois ....



... de manger quelque chose et c’est parti à bord du Dacia-Express.





Une heure passe et voilà déjà la frontière hongroise à Hegyeshalom. Un quart d’heure pour le passage des douaniers et le train repart.



Ayant un besoin naturel à assouvir et ne tenant pas à me faire voler mes bagages, je ferme le compartiment à la clef de Berne. En revenant, deux policiers ferroviaires hongrois plutôt patibulaires m’attendent et me demandent comment il se fait que je possède une telle clef. Je leur explique, en allemand, que je suis cheminot et les voilà tout souriants. Après un arrêt prolongé à Budapest, le train atteint la gare frontière hongroise de Lököshaza. Après 25 minutes d’arrêt voici enfin la Roumanie. Nouvelle gare frontière, Curtici, ou le train s’arrête près de 50 minutes. Achat du visa auprès des douaniers roumains, qui fouillent le train de fond en comble, probablement à la recherche de marchandises de contrebande cachées dans le train lors de l’un des arrêts intermédiaires. Il y est trois heures du matin. L’ambiance est lourde. Le train est surveillé par de nombreux douaniers, Kalachnikov en bandoulière.



A 3h37 le train repart. Encore une heure et quart jusqu’à Arad, où je dois descendre. J’entame un semblant de discussion avec moi voisin de compartiment, monté à Curtici. Au moment où le train s’arrête, après quinze minutes, il me demande où je descends. Je lui réponds à Arad. Il me dit : « mais c’est ici ! » Je prends mes affaires en catastrophe et descends du train. J’avais oublié qu’il fallait avancer sa montre d’une heure en Roumanie !
Une fois sur le quai je suis littéralement assailli par horde de chauffeurs de taxi et d’hommes voulant me proposer une chambre ou une femme… J’aperçois finalement le copain, déjà sur place depuis une semaine, et avec qui je passerai les prochains jours.

Nous consultons l'indicateur acheté sur place et fixons le programme de la journée : visite de deux lignes secondaires en antenne ou circulent encore de vieux autorails.




A 6h14 nous quittons Arad pour Timisoara, que nous atteignons une heure plus tard. C’est dans cette ville qu’avait débuté la révolution roumaine en décembre 1989. Un petit tour près de la gare, histoire de trouver quelque chose à manger. Finalement nous ne trouverons qu’une grosse miche de pain à l’odeur de moisi dans un magasin aux étals bien vide. Encore juste le temps d'acheter des billets et c'est l'heure. Ci-dessous un surclassement et un supplément pour train rapide On notera la réservation écrite à la main au dos de ce dernier



Notre train, tracté par la 060-DA 0144 quitte la gare de Timisoara-Nord à 8h00 et nous dépose à Jebel une demi-heure plus tard. C’est l’occasion d’immortaliser le croisement avec une rame d’autorails en provenance de Resita.



Nous achetons à nouveau notre billet et embarquons dans un convoi composé de deux petits autorails. Ces petits autorails diesel à deux essieux de la classe 77 ou série 900 ont été construits entre 1935 et 1942 par les usines Malaxa à Bucarest. D’une puissance de 120 cv, ils sont limités à 60 km/h. Après modernisation, une partie d’entre eux circule toujours de nos jours.



Premier arrêt en gare d’Obadeni, au PK 4, qui nous donne l’occasion de photographier notre convoi, bien bondé.





A 10h26 nous arrivons dans la bucolique gare de Giera, ou stationne déjà l’autorail ayant assuré le premier train du matin. L'antenne Jebel - Giera, ouverte par étapes dès 1893, est longue de 33 km. Toujours en activité, elle est exploitée depuis le 1er novembre 2008 par l'opérateur privé Regiotrans.



Il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’à 14h36 pour reprendre le train dans l’autre sens ! Le village de Giera est totalement désert et pas le moindre bistrot en vue. Mais où sont donc passé tous les voyageurs du train. Les quatre heures vont être longues. L’occasion de manger un petit quelque chose et de faire un petit somme dans un des autorails, à côté du poêle à charbon utilisé pour le chauffage en hiver. Et bien sûr : rebillet. Hélas, pas de billets Edmonson dans cette gare.



Une photo intérieure est visible en suivant ce lien.

Un peu plus tard la gare endormie retrouve un peu d’animation. Les trois autorails sont regroupés en une seule composition. Ces véhicules ne disposant bien évidemment de commande multiple, chacun doit être piloté par un mécanicien.



Notre convoi quitte Giera et arrive à Jebel une heure plus tard. Là, une nouvelle attente, un peu plus courte puisque notre train repart à 17h00. A notre surprise, il s’agit de la même composition, à laquelle est ajouté un quatrième autorail. Alors que nous photographions la manœuvre, l’un des mécaniciens nous propose spontanément de l’accompagner en cabine.





La discussion n’est pas évidente. Chacun essaie de se faire comprendre comme il peut. Heureusement, le roumain est une langue latine. Après avoir relevé la correspondance, notre train part pour Liebling, que nous atteignons 23 minutes plus tard. L'antenne Jebel - Liebling, longue de 10 km, a été mise en service le 3 mars 1906.



Malgré son nom qui signifie aussi « mon chéri » en allemand, la gare de Liebling a nettement moins de charme que Jebel ou Giera. Une demi-heure plus tard c’est le retour sur Giera. Là, notre contrôleur tient absolument à se faire photographier.



Nous reprenons la correspondance pour Timisoara, que nous atteignons à 19h. Il faut à présent partir à la recherche d’un hôtel. Pas évident et quand nous trouvons enfin quelque chose, le réceptionniste nous annonce que cela fera 100 Deutsch Mark pour une chambre sans eau chaude. Dégoûtés nous reprenons le train jusqu’à Arad et trouvons là une chambre énorme à tout petit prix. Le temps de manger une pizza au coin de la rue et au dodo !



Publié à 10:12, le 3/02/2011 dans Voyage 1994,
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19 juin 1994 - En train...


 

En train...

 

Après une bonne nuit et un bon petit déjeuner, nous nous apprêtons à faire une journée de train, pour nous rendre à Viseu de Sus, au nord du pays, ou se trouve un important réseau de chemin de fer forestier. Nous savions qu’un groupe d’amateurs conduits par une connaissance autrichienne y serait le lendemain et qu’il serait ainsi intéressant de profiter de l’occasion.





Toujours sympa ces vieux billets Edmonson : de gauche à droite le ticket de base, le surclassement et le supplément train rapides, faisant aussi office de réservation.

C'est donc peut avant 8h que nous partons d'Arad pour traverser un bon quart du pays, sur les grandes lignes et en partie sous la pluie. nous montons à bord de l'"accelerat" 343/342. Notre train est parti de Timisoara à 6.40, avec le numéro A342. C'est sans doute l'adjonction d'une tranche de voitures qui justifie l'ajout du numéro 342 à partir d'Arad. La première partie du voyage, jusqu'à Cluj Napoca se déroule en traction diesel.



On notera la publicité assez inhabituelle pour un indicateur horaire!





Nous arrivons à Cluj-Napoca en tout début d'après-midi. Nous allons à présent rouler sous caténaire. Un petit quart d'heure est prévu pour l'échange de locomotive. Je ne suis pas forcément un inconditionnel de la traction électrique roumaine, mais je vous présente quand même une vue pour illustrer cet aspect des CFR (la photo n'a pas été prise durant ce voyage).



Notre train repart pour la suite du voyage. Quelques discussions avec d’autres voyageurs, un café abominablement sucré et un excellent repas au wagon-restaurant





Il est environ 14h30 quand nous arrivons à Salva, après presque 6h passées dans le même train. Une longue relation interne qui permet de jongler avec les tableaux horaires! Notre convoi n'a pas pour autant terminé son voyage puisqu'il va circuler jusqu'à Iasi, où il arrivera à 21h43. Quinze heures pour parcourir 800 kilomètres, soit un bon 50 km/h de moyenne.



Là, nous changeons de train pour parcourir la ligne en direction de Valea Vi?eului, à la frontière ukrainienne. Il s’agit d’une jolie ligne de montagne, en voie unique, non électrifiée, dont la partie centrale n’a été ouverte que tardivement, en 1949. De nombreux viaducs et 5 tunnels ponctuent le tracé. Notre train est totalement délabré : des vitres brisées, un éclairage inexistant, la moitié des portes ouvertes durant le voyage et une saleté repoussante. Quatre mains seraient nécessaires pour utiliser les WC : une pour viser juste, une pour se tenir, une pour coincer la porte qui ne ferme pas et une pour se boucher le nez. Un petit tableau, fixé à la paroi, indique la date du dernier nettoyage des lieux : il y a 5 ans en arrière. Beurk...



Nous aurions volontiers visité l’extrémité de la ligne, à la frontière, ainsi que le tronçon à 4 rails (voie normale et voie large) entre Valea Vi?eului et Sighetu Marma?iei (entièrement sur territoire roumain). Mais le temps manquait et nous n’avions aucune garantie d’y voie circuler du matériel à voie large. Une vue sympa sur ce lien. On notera que chaque écartement à sa propre signalisation.


Il est environ 16h30 quand nous arrivons enfin à Viseu de Jos.



Comme la prochaine correspondance pour Viseu de Sus n’est qu’est qu’à 19h17, nous décidons de parcourir ces 5 km à pied. Après une petite heure nous y voilà. Vi?eu de Sus (en hongrois Fels?visó, en allemand Oberwischau) est une ville roumaine des Maramure?, dans centre nord de la Roumanie. Située à une altitude de 427 m, elle compte environ 15'000 habitants. Au 18e siècle, la région est fortement colonisée par des populations en provenance d’Autriche et c’est à cette époque que se développe l'exploitation forestière, qui reste jusqu’à nos jours sa principale ressource. La ville fait partie de l’empire austro-hongrois jusqu’en 1920, date à laquelle elle intègre la Roumanie. Durant la seconde guerre mondiale, entre 1941 et 1944, elle est annexée à la Hongrie, puis redevient roumaine.


(Photo Aktron / Wikimedia Commons)

Le seul hôtel de la ville a encore une chambre de libre, à un tarif défiant toute concurrence : 10 Deutsch Mark pour 2 personnes et 2 nuits.



Au vu de l’état de propreté des lits, nous sommes bien contents d’avoir des sacs de couchage avec nous. Quant à la salle de bain, nous n’avons pas pu juger en raison de l’absence de lumière. Mais étant donné qu’à la lueur du briquet nous avons pu constater qu’il y a avait des bêbêtes qui semblait apprécier les lieux, nous avons préféré nous passer de douche… J’ai d’ailleurs appris par la suite que cet hôtel avait été fermé pour insalubrité, ce qui n’est pas peu dire au vu des conditions dans la campagne roumaine de l’époque. Après ces charmantes constations, nous partons à la recherche d’un restaurant. Malheureusement tout est fermé. Aucun magasin ouvert en vue non plus. Seul salut, un vendeur de popcorns sur la place du village ainsi que les quelques biscuits restant dans notre sac. Noapte bun?
!



Publié à 10:09, le 3/02/2011 dans Voyage 1994,
Mots clefs : CFR Viseu de Sus
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