Voyages et archéologie ferroviaires
Récits de voyages ferroviaires en Roumanie en 1994-95 et autres vestiges...

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Archéologie ferroviaire en France (Introduction)

 

 

Archéologie ferroviaire en France

Introduction

 

 

 

Une question de coup d'oeil

Pour autant qu’il évite les grands axes routiers, l’amateur d’archéologie ferroviaire repère assez vite dans le terrain les vestiges des lignes oubliées. En premier lieu bien évidemment les gares, à l’architecture caractéristique, mais également les maisons de garde des passages à niveau, les ouvrages d’art ou simplement l’ancienne plateforme d’une voie, souvent identifiable par un remblai ou par une voie verte aux courbes généreuses.

 

 

[Vallée de l'Eyrieux, en Ardèche : ces randonneurs se doutent-ils qu'ils empruntent l'ancienne plateforme des Chemins de Fer Départementaux du Vivarais. Ouverte en 1891, la ligne La Voulte-sur-Rhône - Le Cheylard sera fermée à tout trafic en 1968.] 

 
 
Cartes Michelin

Mon premier contact avec les anciennes cartes Michelin remonte au début des années 90, lorsque je trouvai au marché aux puces de Vevey un lot d'une dizaine de cartes des années 30 à un prix défiant toute concurrence (10 centimes la pièce). Mon achat était à l'époque motivé par la recherche des tracés des nombreuses lignes de chemin de fer françaises aujourd'hui fermées et déposées. Peu après, la découverte d'un guide rouge de 1930 chez un bouquiniste m'a permis de mieux situer le cheminement des lignes des tramways et chemins de fer secondaires dans les agglomérations. Par ailleurs, la comparaison de cartes de différentes années permet d'estimer, avec une précision toute relative, les périodes de déferrage des lignes.

 



 

Il va de soi que toutes les anciennes cartes (Taride, SGA,...) ou guides (Pol, Joanne, Diamant,...) sont utilisables pour des telles recherches. Certains guides, tels par exemple les vieux Baedeker, sont d'ailleurs tout spécialement destinés aux voyageurs ferroviaires. J'avoue cependant un faible certain pour les produits Michelin.

 

 

[Petit aperçu des informations ferroviaires figurant sur une carte Michelin des années trente]

 

 

Le réseau ferré français

C’est en 1827 que fut ouverte la première voie ferrée en France, entre St-Etienne et Andrézieux. Le réseau national s’étoffa ensuite progressivement pour atteindre une longueur de 25'000 km en 1875. La progression continuera, avec en particulier la réalisation de la plus grande partie du réseau secondaire. Après la première mondiale, le rythme des ouvertures ralentira et le réseau atteindra son extension maximale au milieu des années vingt avec plus de 42'000 km de lignes d’intérêt général et 22'000 km de lignes d’intérêt local en exploitation.

 

 

[Carte de l'indicateur Chaix de 1921, à l'époque de l'apogée du réseau ferré français]

 

La croissance de la concurrence routière produira une hémorragie de voyageurs pour le chemin de fer, qui aura pour conséquence la fermeture aux voyageurs de près de 22'000 km de lignes entre 1930 et 1940! Après une trêve due aux pénuries de la guerre, les fermetures reprendront au rythme de quelques centaines de kilomètres par an, entrainant la disparition quasi-totale des réseaux d’intérêt local. La SNCF lancera une nouvelle vague de fermetures et ce seront près de 4300 km de lignes qui disparaîtront du réseau voyageurs entre 1969 et 1973. La crise pétrolière ralentira cependant sensiblement le mouvement. Actuellement, avec l’ouverture de nouvelles lignes à grande vitesse, la longueur du réseau est à nouveau en augmentation. Sur les quelques 29'000 km de lignes que compte actuellement le réseau, environ 21'000 sont ouvertes au trafic voyageurs, soit le tiers du réseau des années vingt !

La fermeture d’une ligne d’intérêt local au trafic voyageurs s’accompagnait en règle générale également de la suppression du trafic marchandises. Sur les lignes d’intérêt général par contre, le trafic marchandises subsistait généralement, au moins sur une partie de la ligne. Ainsi, même si près de 6500 km de lignes ont été fermées à tout trafic entre 1980 et 2000, en 2010, près de 8000 km de ces lignes sont encore exploités pour les besoins exclusifs du fret. Après sa fermeture à tout trafic, une ligne est en principe déclassée, ce qui signifie que les emprises peuvent être réutilisées à d’autres fins, puis déposée.

 

 

Découvertes...

Le cadre général étant fixé, je vous propose de partir à la découverte de quelques lieux ferroviaires oubliés, découverts presque par hasard au fil de nos voyages sur les petites routes de France.

 

[Ambiance de France profonde à La Frette, un dimanche matin ensoleillé de mai 2009 : la camionnette du boulanger attend ses clients devant un bâtiment au style ferroiviare indéniable. Qui se doute que ce petit village de 1000 habitants possédait une gare, sur la ligne à voie métrique La Côte-St-André - Le Grand-Lemps, ouverte en 1899 par la compagnie des Traways de l'Ire? Les derniers trains de voyageurs circuleront ici en 1935 et le trafic marchandises survivra jusqu'en 1937.] 
 
 
[Le même endroit sur une carte postale ancienne]
 


Publié à 14:41, le 10/11/2012 dans France,
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Archéologie ferroviaire en France (St-Pourçain-sur-Sioule)

 

 

Archéologie ferroviaire en France

St-Pourçain-sur-Sioule

 

 

 

C'est en route pour l'Ile de Ré, après une étape à Moulins, que nous faisons un petit crochet par la gare St-Pourçain sur-Sioule, située sur l'ancienne ligne La Ferté-Hauterive - Gannat.

 


 

[La gare vue en  2007 : elle abritait auparavant un petit musée ferroviaire avec une maquette. Depuis la mort de son propriétaire, c'est à présent un marchand de légumes qui occupe les lieux.]

 

Long de 35.3 km, l'axe La Ferté-Hauterive - Gannat a été ouvert tardivement par le PLM le 25.08.1932. Il s'agit d'ailleurs là de la dernière ligne ouverte par cette compagnie. Destinée en premier lieu à délester le nœud de Saint-Germain-des-Fossés, cette liaison a été dès l'origine construite selon des standards élevés : double voie, déclivités maximales de 6 o/oo et rayons minimaux de 1500 m autorisant des vitesses de l'ordre de 120 km/h. L'une des deux voies est équipée de traverses en béton à deux blochets, une innovation pour l'époque, tandis que l'autre est équipée de traditionnelles traverses en bois. Les bâtiments de la ligne font l'objet d'une recherche architecturale assez poussée. Malgré ses caractéristiques généreuses, la ligne restera essentiellement utilisée par le trafic marchandises, les trains express de la ligne du Bourbonnais empruntant la liaison Vichy - Riom, ouverte en 1931. Le trafic omnibus restera lui limité à deux paires de trains quotidiennes.

 

 

[Extrait de la carte Michelin no 69 de 1925: la ligne PLM est en construction. On remarque par ailleurs que St-Pourçain est déjà desservi par le rail, à savoir par le réseau du Centre des chemins de fer Economiques. Cette voie métrique a desservi la ville de 1887 à 1939.]

 


A peine plus de six ans après son ouverture, la ligne est fermée au trafic voyageurs le 7.11.1938, et trois ans après, elle est mise à voie unique. Le record de la ligne à la plus courte durée de vie est cependant détenu par la liaison Carmaux - Vindrac, ouverte en 1937, fermée au trafic voyageurs en 1939, au trafic marchandises peu après, et déposée encore durant la seconde guerre mondiale !

Au fil des années, le trafic marchandises se réduit peu à peu, et la section centrale Saint-Pourçain-sur-Sioule - Bayet est fermée au trafic marchandises vers 1960, déclassée le 26.07.1969 (PK 343,440 à 349,000), puis déposée vers 1974. La section méridionale Bayet - Gannat voit son trafic marchandises disparaître vers 1988. En 2010 une partie de cette section voit circuler des vélorails. Un service marchandises restreint circule encore de nos jours entre La Ferté-Hauterive et Saint-Pourçain-sur-Sioule. Ce schéma de fermeture est somme tout assez classique. Lors de la suppression du trafic voyageurs, ou quelques années après, la section centrale de la ligne disparaît à son tour. Les deux parties subsistantes sont alors desservies en antenne depuis les extrémités de la ligne. Celles-ci disparaissent à leur tour si l’usine ou la coopérative agricole justifiant le maintien du trafic ferme ou passe au transport routier.

 

Un service marchandises restreint circule encore entre La Ferté-Hauterive et Saint-Pourçain-sur-Sioule. Les quelques vues ci-après illustrent cette desserte, photographiée lors d'une première visite en mai 1999.

 

 

 

 

On notera l'architecture de la gare ou de la maison de garde située à l'extrémité des voies non déposées. Cette recherche architecturale du BV semble être due à l'influence de Paul Séjourné, célèbre pour ses viaducs, sur les architectes du PLM. On retrouve d'ailleurs ces qualités sur les bâtiments des dernières lignes ouvertes par le PLM : Moûtiers - Bourg-Saint-Maurice (1913), Frasne - Vallorbe (1915), la Côte-Bleue (1915), Col de Tende (1928) ou Vichy - Riom (1931).

 

 

[Labergement-Ste-Marie, sur la ligne Frasne - Vallorbe]
 
 

 
[La Redonne-Ensuès, sur la ligne de la Côte-Bleue]


Publié à 14:28, le 10/11/2012 dans France,
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