Voyages et archéologie ferroviaires
Récits de voyages ferroviaires en Roumanie en 1994-95 et autres vestiges...

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21 juin 1994 - En train...

 

En train...

 

Ce mardi sera un jour de pur voyage. Nous allons rejoindre Sibiu, au centre du pays.




Avant de nous lancer dans ce long périple, intéressons-nous brièvement à la situation actuelle du chemin de fer forestier de Viseu de Sus. En juillet 2008, des crues torrentielles interrompent le tracé en plusieurs endroits. Heureusement, grâce en particulier à l’aide de différents organismes occidentaux, cela n’a pas conduit à la mort du chemin de fer comme cela a hélas été le cas pour beaucoup d’autres lignes de ce genre. De nos jours le réseau assure toujours le transport du bois, mais hélas beaucoup de trains sont maintenant assurés en traction diesel. Par ailleurs, un train vapeur touristique circule de mai à octobre. A cela s’ajoutent des trains spéciaux organisés pour des amateurs.


C’est à 10h48 que nous partons depuis Viseu de Jos en direction de Salva, par la belle ligne de montagne que nous avions déjà emprunté l’avant-veille. Je n’ai malheureusement plus aucun souvenir quant à la manière dont nous avons rejoint cette gare depuis Viseu de Sus : était-ce par le premier train du matin à 5h09, ou en bus, ou encore en taxi ? L’antenne entre Viseu de Jos et Borsa est fermée au trafic voyageur depuis 1997. L’infrastructure a cependant été rachetée par la SC RG Holz Company SRL, qui exploite également le chemin de fer forestier, pour permettre l’évacuation du bois sur le réseau national.




A l’époque les CFR avaient apparemment un parc surabondant de wagons marchandises. Ainsi, il était courant d’observer sur les voies secondaires de la majorité des gares des dizaines et des dizaines de ces wagons (principalement des tombereaux à 4 essieux), en plus ou moins bon état, en attente de réutilisation ou de ferraillage. Souvent les parties en bois avaient disparu, sans doute reconverties en bois de chauffage, et il ne restait plus que la structure métallique du wagon. Au fil des gares apparaissent parfois également des locomotives à vapeur. Des machines froides dont l’âme hante les lieux en attendant le chalumeau du ferrailleur…




Nous atteignons Salva, où nous attendons la correspondance. Le quai est noir de monde, auquel s’ajoutent quelques poules achetées au marché, et c’est un train complètement bondé qui entre en gare. Les places seront chères ! Vu qu’il est bientôt midi, nous décidons de monter directement dans la voiture-restaurant presque déserte du l'"accelerat" 341/344, le pendant du 343/342 que nous avions emprunté à l’aller. Cette fois-ci le repas est correct, sans plus. Le deuxième horaire ci-dessous nous montre que la Roumanie a aussi son Crédit Agricole.






A 14h32 notre train arrive à Cluj Napoca où nous devons descendre pour prendre une correspondance. Nous payons rapidement, mais apparemment le serveur à gonflé la note pour se faire un peu d’argent facile. Le montant reste cependant dérisoire pour nous et nous n’avons plus le temps de discuter car nous devons sortir du train. Une fois sur le quai, une charmante femme qui était également dans la voiture-restaurant nous interpelle dans un français parfait. Elle nous dit qu’elle trouve honteux le comportement du serveur, que c’est à cause de gens tels que lui que les gens se font une mauvaise image de la Roumanie. Puis elle nous demande ce qu’elle peut faire pour nous rendre service. Rien lui disons nous, si ce n’est de nous accompagner un guichet pour acheter nos billets. Réservations et suppléments pour la suite du voyage. Grâce à notre interprète d’un distant l’achat peut se faire facilement et rapidement. Un grand merci et nos routes, où plutôt nos rails, se séparent. Je serai assis place 82 de la voiture 7, côté couloir.






Un peu moins d’une heure après l'"accelerat" 362/363 nous emmène à destination de Sibiu, que nous atteignons quatre heures plus tard. Cette dernière partie de voyage s’effectue en traction diesel, la ligne partiellement en double voie entre Vintu de Jos et Sibiu n’étant pas électrifiée.








A nouveau une jonglerie entre les pages de l’indicateur, puisqu’il faut prendre tableaux horaire de sens contraire pour le tronçon Teius – Vintu de Jos. Notre train profite par ailleurs de l’occasion d’inverser son numéro pour se rebaptiser 363/362.


Arrivés à Sibiu après 19h, il est temps de trouver de quoi dormir. Nous consultons notre guide de voyage et nous dirigeons vers le panneau « Zimmer – Room ». L’employée fait quelques téléphones et nous trouve finalement une chambre chez l’habitant.




Sibiu, qui répond au doux noms d’Hermannstadt en allemand et Nagyszeben en hongrois est , avec une population d’environ 170'000 habitants, une des plus grande villes de Transylvanie. Fondée au XIIe siècle par des colons allemands, elle sera rattachée à l’empire austro-hongrois au XVIIIe siècle puis à la Roumanie en 1920. La ville restera majoritairement allemande jusque dans les années trente. Aujourd’hui moins de 2% de la population est encore d’origine germanique. Contrairement à beaucoup d’autres villes roumaines, Sibiu échappa à l’urbanisme délirant de l’ère Ceau?escu et peut être considérée aujourd’hui comme une de villes les mieux préservées de Roumanie, voire d’Europe. Elle devient d’ailleurs capitale européenne de la culture pour l’année 2007.


Nous nous rendons à l’adresse indiquée par le bureau de location. Celle-ci ne se situe cependant dans le joli centre historique de la ville, mais dans le quartier Strand (plage. C’est un immeuble affreux, genre « Plattenbau » est-allemand des années soixante.


[Photo : Barna Rovács]

C’est un couple de personnes âgées d’une soixantaine d’années qui nous accueille. Le temps de poser nos bagages, de faire un brin de toilette et nous passons à table. Mon compagnon de voyage ne tient pas la grande forme et présente tous les symptômes d’une bonne gastro. Peut-être les tripes de la veille … Voyant son état, notre hôte se lève et lui rapporte un bocal contenant une poudre blanche. Mon collègue me demande ce que c’est et combien il doit en prendre. Je lui réponds que c’est certainement du bicarbonate et que pour ma part j’en dilue en général une bonne pointe de couteau dans de l’eau, chose qu’il fait. Voyant cela, notre hôte se lève à nouveau et lui en enfourne une cuillère à soupe bien pleine dans la bouche, ce qui crée un joli nuage blanc dans la pièce ! Sur ce, nous allons nous coucher.


Publié à 09:56, le 3/02/2011 dans Voyage 1994,
Mots clefs : Sibiu CFR
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